En juillet 2021, la page 27 de Faune et Flore de notre site Nérée avait déjà présenté longuement les tuniciers en passant en revue les différents étonnements que ces organismes suscitent. Cliquez ici pour retrouver rapidement cet article.

La relecture de cette page 27 est conseillée pour profiter pleinement de ce nouvel article. Il va se centrer sur quelques tuniciers que nous allons pouvoir découvrir lors de nos prochaines plongées en Zélande à la fin du mois de juillet.

1. L’ascidie jaune (Tunicier solitaire)

Nom scientifique : Ciona intestinalis
Taille : de 10 à 15 cm de hauteur.
Couleur : de blanchâtre à jaunâtre, voire brunâtre, plus ou moins translucide.
Où la trouver ? fixée sur les pierres, les algues, les coquillages, de la surface jusqu’à 50 m de profondeur.
Critère de reconnaissance : La bordure jaune (parfois brunâtre) autour des siphons.

2. L’ascidie sale (Tunicier solitaire)

Nom scientifique : Ascidiella aspersa
Taille :
de 5 à 13 cm de hauteur.
Couleur :
le plus souvent blanchâtre, parfois brunâtre.
Où la trouver ?
Fixée par sa base aux cailloux, algues, coquilles, parfois en groupes denses, de la surface jusqu’à plus de 50 m de profondeur.
Critère de reconnaissance : L’ascidie sale ressemble beaucoup à l’ascidie jaune mais elle s’en différence par l’absence de marques jaunes autour des siphons.

3. L’ascidie plissée (Tunicier solitaire).

Nom scientifique : Styela clava
Taille :
de 12 à 15 cm de hauteur.
Couleur :
brune plus ou moins foncée, parfois marbrée de blanc.
Où la trouver ?
A faible profondeur, fixée par son pédoncule sur un support solide.
Critère de reconnaissance :
Les siphons présentent des raies longitudinales brunes et pourpres. Un fin pédoncule qui peut atteindre le tiers de la hauteur totale de l’ascidie l’attache à son substrat.

4. Les didemnes communs (Tuniciers coloniaux)

Nom scientifique : Didemnum spp.
Taille et couleurs :
La taille et l’aspect des colonies varient beaucoup selon les espèces et selon les contextes, de quelques cm² à plusieurs dm². Généralement brun crème mais aussi beige, orange, rose, jaune, bleutée…
Où les trouver ?
Le plus souvent à faible profondeur, sur n’importe quel support, y compris d’autres organismes qu’ils finissent par recouvrir entièrement.
Critère de reconnaissance : A première vue, les didemnes ressemblent très fort à des éponges encroûtantes.

Distinguer les didemnes (et les tuniciers coloniaux en général) des éponges est loin d’être évident en plongée. Certains suggèrent de toucher délicatement du doigt l’organisme à identifier. La consistance des tuniciers coloniaux est généralement plus ferme que celle des éponges dans laquelle le doigt s’enfonce plus facilement. De plus, quand ils sont touchés, les siphons des tuniciers se referment alors que les oscules des éponges tendent à rester ouverts.

5. Le didemne transparent (Tunicier colonial)

Nom scientifique : Diplosoma listerianum
Taille :
de 5 à 12 cm de longueur.
Couleurs :
Tunique incolore et transparente.
Où le trouver ?
Peu importe la profondeur, sur n’importe quel support, même flexibles comme des algues ou des plantes marines. On peut même le trouver sur des fonds vaseux !
Critère de reconnaissance : La transparence de la tunique laisse distinguer les zoïdes blancs ou tachés de noir.

Il n’est pas possible de confondre un didemne transparent avec une éponge car il n’existe pas d’éponge dont la structure soit transparente.

6. Le didemne spongiforme (Tunicier colonial)

Nom scientifique : Diplosoma spongiforme
Taille :
Variable selon le support et l’âge de la colonie.
Couleurs :
Vitreuse et le plus souvent grisâtre.
Où le trouver ?
Fixé sur des supports rigides, jusqu’à 40 m de profondeur.
Critère de reconnaissance :
La tunique du didemne spongiforme n’est pas transparente et ne laisse pas apercevoir les zoïdes à l’intérieur.

Pour distinguer un didemne spongiforme d’une éponge, comme déjà évoqué plus haut pour les didemnes communs, certains suggèrent de toucher délicatement du doigt l’organisme à identifier. La consistance des tuniciers coloniaux est généralement plus ferme que celle des éponges dans laquelle le doigt s’enfonce plus facilement. De plus, quand ils sont touchés, les siphons des tuniciers se referment alors que les oscules des éponges tendent à rester ouverts.

7. Le botrylle étoilé (Tunicier colonial

Nom scientifique : Botryllus schlosseri
Taille :
Les grandes colonies atteignent 20 cm de longueur, les étoiles plus ou moins 5 mm.
Couleurs :
La couleur des colonies est très variable d’un individu à l’autre. Elle peut être jaune, verte, brune, bleue, mauve…
Où le trouver ?
Sur tous les supports rigides (pierres, coquillages…) ou mobiles (algues, plantes…), le plus souvent à moins de 10 m.
Critère de reconnaissance :
La disposition des siphons inhalants en étoiles autour des siphons exhalants facilite l’identification de ce botrylle.
Ces étoiles regroupent les siphons inhalants individuels de 3 à 20 zoïdes dont le siphon exhalant commun est au centre de l’étoile.

8. Les autres botrylles (Tuniciers coloniaux)

Nom scientifique : Botryllus spp. ou Botrylloides spp.

Taille : Les grandes colonies atteignent voire dépassent 20 cm.
Où les trouver ?
Le plus souvent à moins de 10 m, sur tous les supports rigides (pierres, coquillages…) ou mobiles (algues, plantes et même autres tuniciers solitaires et coloniaux…)
Critère de reconnaissance :
On compte 28 espèces différentes dans le genre Bottrylus et 19 espèces différentes dans le genre Botrylloides. Il n’y a pas d’unanimité aujourd’hui dans le monde scientifique quant à l’identification précise des botrylles et des genres voisins. Ainsi, l’espèce Botrylloides leachii s’est trouvée affublée de 26 noms scientifiques différents depuis sa découverte !
En attendant que les spécialistes se mettent d’accord entre eux, nous n’identifierons précisément que le botrylle étoilé. Tous les autres botrylles et botrylloïdes voisins ne seront distingués, à notre niveau, sans aucune vérité scientifique, que par leur seule coloration générale.

Pour enregistrer nos observations en plongée, chaque palanquée qui le souhaitera recevra une fiche immergeable au format A5, sur le modèle des fiches déjà reçues lors des plongées à Todi et lors des plongées précédentes en Zélande à la recherche des invertébrés.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir à la découverte des tuniciers. L’important ne sera pas d’être la palanquée qui aura identifié le plus de tuniciers mais de prendre un maximum de plaisir dans la recherche et l’observation d’organismes marins tellement beaux et surprenants auxquels nous ne prêterions pas forcément attention si nous les ignorerions en plongeant.

Un tunicier solitaire et un tunicier colonial réunis sur la même photo!

Les photos illustrant cet article proviennent des collections privées de Pierre-Bernard Demoulin, de Cathy Grimonpont, de Philippe Legrand et de Gérald Biston.
Elles ne sont pas libres de droit et ne peuvent être utilisées sans autorisation.

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